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GEORGES |
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Photographie: Michel Thersiquel, in "Georges Perros", par son ami Jean-Marie Gibbal. Paris, Plon, 1991. (j'aime bien la photo, là, il a l'air de poser, généreux...mais un peu ronchon...).
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♥Dernière mise à jour 10/02/2005♥ LA POESIE, C'EST L'INDIFFERENCE A TOUT CE QUI MANQUE DE REALITE.
J'aime Georges Perros. A fond. Il y a un truc qui s'est greffé dans ma cervelle, comme un grain de sable familier, qui fait que je reconnaîtrais sa plume parmi des milliers, qui fait que sa voix m'est familière, que j'ai la sensation de le connaître tant je l'ai lu, relu. C'est un peu un frère à côté duquel j'aime cheminer. Une voix à laquelle j’aime revenir souvent, le temps d'un Papier Collé de travers. Quelle voix aviez-vous, Georges ? Je ne l’ai jamais entendue, mais je reconnais son "timbre", je reconnais sa pulsation humble et décidée en vous lisant. Une histoire de "grain" que je ne m'explique pas, et qui n'explique pas pourquoi je vous aime.
Je l'ai découvert assez étrangement, Georges Perros. Un truc qui s'appelle une coïncidence.
Octobre 2000. Samedi. 250 bornes pour voir Miossec à la MJC de Douarnenez. J'en ai loupé mon inscription à la fac, heh (c'est dire qu'il est bien vu, le Christophe).
Avant de partir: programmer le magnéto pour enregistrer Un siècle d'écrivains sur un type qui s'appelle Georges Perros. Le nom sonne bien, ouais, ça sonne le granit, c'est rock'n'roll à mort, alors... On va voir ce que fabrique ce gars-là. En attendant de voir la vidéo, faut pousser jusque la pointe Finistère pour le Miossec qui, une fois encore, n'en finit pas d'être rude, détaché, tranchant et sourd dans les mots qu'il choisit. Une langue affilée. Granitique. Il est 22h, et il balance, timide mais confiant… "cette chanson-là, elle est pour Georges Perros". –Tilt- (là, c'est dans ma tête). Ah ben tiens. Justement. Marrant. Le Christophe et moi, on a tout pour s'entendre, décidément. |
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Fac de Rennes 2. Lundi. La tête toujours à peu à l'ouest, à Douarnenez. Concert saisissant. Je dors encore dedans, dans la fumée, les notes, les visages. Le bouquiniste du Hall B a mis en valeur un petit livre dans ses rayons. Papiers Collés 3, Georges Perros. Ah ben tiens. On parlait de vous samedi soir, Georges.
J'achète.♥
Je lis. Parfois trop compliqué, trop "pessimiste". Parfois désuet. Mais... charme d'un style incisif, brutal, sans concession, authentique. Manifestement, le gars Perros n'est pas là pour faire joli.
Je reviens régulièrement vers ces étranges Papiers collés. Comme un aimant. Fascinée. Découverte. Comprends pas tout. Mais je digère aussi certains passages qui me semblent prendre les signes de "l'évidence". Comment a-t-il pu écrire aussi près des mots, aussi près de la vie ? Il ne semble pas question de traduire la vie dans l’écriture, mais bien de la vivre. Traduisez : Ecrire…Ne pas faire joli : Exister.
Comment ne pas être surpris dans les méandres des Papiers Collés, lorsqu’une infinité de choses senties, presque insoupçonnées, jamais verbalisées, se présentent à vous de façon fulgurante ? Comment l'écriture peut-elle révéler à ce point les choses vrillées dans l'estomac, lever des voiles? Ça vous poignarde, ce genre de truc. Pour la première fois les mots "révélaient" (verbe "révéler", sans COD siouplé). J’ai trouvé un frère, j'aurais aimé être sa jumelle. Quelqu’un qui me comprend, et que j’écoute, que je réécoute, comme ma vraie soeur. Mais c'est un frère, il est mort depuis 25 ans; sa voix m'est inépuisable.
« Allons, nous sommes tous à la même enseigne, ma femme, mes enfants, les tiens, toi qui me vois en ce moment, par le biais de ce vers qui saigne… » Oui, je te vois et ton vers saigne sur mes doigts. Eclat. Coupée.
J'apprendrais bien plus tard que le Georges habitait Douarnenez (en tous les cas, pas grâce à la cassette « d'un siècle d'écrivains », l'enregistrement n'avait pas marché...le magnéto avait bouffé la bande...). Douarnenez, au bout du monde, ville décentrée, ville sans centre-ville, ville ouverte sur la mer et aux vents. Ville abrupte et tendre, vulnérable mais tenace. Ne pas faire joli. Douarnenez, où un concert titubant jette à la figure la seconde qui changera TOUT. "Cette chanson-là, elle est pour Georges Perros".
Perros va tout balayer, petit à petit, au fur et à mesure que je le découvre et que je m'approprie son langage. A la limite envie d’oublier ce que j’ai pu lire avant. Langue décapante, authentique, tuante, toujours en suspens, toujours à se faufiler, à vous chatouiller le palais, à ricocher comme une pierre mal aimée et mal polie dans le recoin de la tête. Des cailloux dans la langue. Perros a des cailloux dans la langue. J'ai pris les cailloux, les ai mis dans ma poche. Les garder toujours près de moi. Précieusement.
"Une Vie Ordinaire"...petit livre étrange, objet bizarre, fascinant et instable...Nouveau fléchissement. Chui séduite. A fond. |
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YA QUOI DANS CE SITE, LA ? |
Dans tout ce fatras vous trouverez la section "Une Vie Ordinaire" , reproduction d'une ponte pour la fac...coin réservé aux acharnés et à ceux qui travaillent dessus, et qui souhaitent échanger. Avec le recul je m'aperçois qu'il y a beaucoup de choses discutables dedans. Vous pouvez donc réagir si vous vous intéressez particulièrement à ce petit bouquin et que certaines choses vous paraissent à côté de la plaque, je prends tout, tout! Il y a aussi une large bibliographie consacrée à Perros, mais aussi une liste de bouquins intéressants sur l'écriture de soi, l'écriture de la Bretagne, ou encore des livres organiquement "affiliés". Je pense à Jean Grenier mais aussi à ce bon vieux Arthur Rimbaud.
Il y a aussi un bazar de liens renvoyant à des sites qui lui sont généreusement consacrés (j'aime bien la page de Simon), ou qui mentionnent des infos intéressantes sur le bonhomme. Quelques extraits ont été rajoutés, afin de donner envie à ceux qui ne le connaissent pas encore de le dévorer...et aux autres de se raccrocher un peu plus à sa bulle.
Voilà, site amateur n'a pas vocation de se la jouer antichambre du "magazine littéraire". Il est encore en construction, alors soyez indulgents envers les ratées…
Véronique Réguer |
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des papiers collés, y'en a des tonnes. T'es le numéro combien? |

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